1. Suites majorées, minorées, bornées
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Exercice 1 — ⭐
- Pour chaque suite, dis si elle est majorée, minorée, bornée, en justifiant.
a. an=5+(−1)n ; b. bn=2n−7 ; c. cn=1+n+21.
- Un élève affirme : « Pour tout entier n, il existe un réel M tel que bn⩽M (il suffit de prendre
M=bn), donc (bn) est majorée. » Explique son erreur.
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- a. (−1)n vaut 1 ou −1, donc 4⩽an⩽6 : la suite est bornée.
b. bn⩾−7 pour tout n (2n⩾0) : minorée par −7. Elle n’est pas majorée : pour tout réel
M, dès que n>2M+7, on a bn>M.
c. Pour tout n, 0<n+21⩽21, donc 1<cn⩽1,5 : bornée.
- Dans la définition, le même M doit convenir pour tous les termes : « il existe M tel que pour tout
n, bn⩽M ». L’élève a inversé les quantificateurs : son M change avec n, ce qui ne prouve rien
(n’importe quelle suite vérifie sa phrase).
2. Le principe de récurrence
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Exercice 2 — ⭐⭐
Soit (un) la suite définie par u0=2 et, pour tout n∈N, un+1=3un−2.
- Calcule u1, u2, u3. Compare avec 31, 32, 33 et formule une conjecture.
- Démontre ta conjecture par récurrence.
- Calcule u10.
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- u1=3×2−2=4, u2=10, u3=28. On remarque 4=3+1, 10=9+1, 28=27+1 : on
conjecture un=3n+1 (et u0=1+1=2 convient).
- Pour tout n∈N, P(n) : « un=3n+1 ».
- Initialisation : u0=2 et 30+1=2 : P(0) est vraie.
- Hérédité : soit k∈N tel que uk=3k+1. Alors
uk+1=3uk−2=3(3k+1)−2=3k+1+3−2=3k+1+1 : P(k+1) est vraie.
- Conclusion : pour tout n∈N, un=3n+1.
- u10=310+1=59049+1=59050.
3. Sommes et divisibilité
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Exercice 3 — ⭐⭐
Démontre par récurrence que, pour tout entier n⩾1 :
12+22+32+⋯+n2=6n(n+1)(2n+1).
Utilise ensuite cette formule pour calculer 12+22+⋯+202.
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Pour n⩾1, P(n) : « 12+⋯+n2=6n(n+1)(2n+1) ».
- Initialisation : pour n=1, le membre de gauche vaut 1 et 61×2×3=1.
- Hérédité : supposons P(k) vraie pour un entier k⩾1. Alors
12+⋯+k2+(k+1)2=6k(k+1)(2k+1)+(k+1)2=6(k+1)[k(2k+1)+6(k+1)]=6(k+1)(2k2+7k+6).
Or (k+2)(2k+3)=2k2+7k+6, donc la somme vaut 6(k+1)(k+2)(2k+3), qui est bien
6(k+1)((k+1)+1)(2(k+1)+1) : P(k+1) est vraie.
- Conclusion : la formule est vraie pour tout n⩾1.
Pour n=20 : 620×21×41=2870.
Exercice 4 — ⭐⭐
Démontre que, pour tout entier naturel n, 7n−1 est divisible par 6.
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Pour n∈N, P(n) : « il existe un entier m tel que 7n−1=6m ».
- Initialisation : 70−1=0=6×0.
- Hérédité : supposons 7k−1=6m avec m entier, donc 7k=6m+1. Alors
7k+1−1=7(6m+1)−1=42m+6=6(7m+1), et 7m+1 est un entier : P(k+1) est vraie.
- Conclusion : 7n−1 est divisible par 6 pour tout n∈N.
Exercice 5 — ⭐⭐
On considère la propriété P(n) : « 10n+1 est divisible par 9 ».
- Montre que si P(k) est vraie pour un entier k, alors P(k+1) est vraie.
- Peut-on conclure que P(n) est vraie pour tout n ? Teste n=0, n=1, n=2.
- En utilisant la somme des chiffres, explique pourquoi P(n) n’est jamais vraie.
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- Si 10k+1=9m (m entier), alors 10k=9m−1 et 10k+1+1=10(9m−1)+1=90m−9=9(10m−1) :
la propriété est héréditaire.
- Non ! Il manque l’initialisation : 100+1=2, 101+1=11, 102+1=101 ne sont pas divisibles par 9.
- Pour n⩾1, 10n+1=100…01 a une somme de chiffres égale à 2, qui n’est pas divisible par 9
(et pour n=0, on obtient 2). La propriété est héréditaire mais toujours fausse : l’hérédité seule
ne démontre rien.
4. Démontrer une inégalité
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Exercice 6 — ⭐⭐⭐
- Démontre que, pour tout entier naturel n, 3n⩾2n+1.
- a. Vérifie que l’inégalité 2n⩾n2 est vraie pour n=0, n=1, n=2, fausse pour n=3, vraie
pour n=4.
b. Démontre que, pour tout entier n⩾4, 2n⩾n2. (Indication : montre que 2k2⩾(k+1)2
dès que k⩾3.)
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- Initialisation : 30=1⩾1. Hérédité : si 3k⩾2k+1, alors 3k+1=3×3k⩾6k+3
(on multiplie par 3>0). Or 6k+3⩾2(k+1)+1=2k+3 car 4k⩾0. Donc
3k+1⩾2(k+1)+1. Conclusion : vrai pour tout n∈N.
(On peut aussi appliquer Bernoulli avec a=2 : (1+2)n⩾1+2n.)
- a. 1⩾0 ; 2⩾1 ; 4⩾4 ; 8<9 ; 16⩾16.
b. Initialisation : n=4, vu en a. Hérédité : soit k⩾4 tel que 2k⩾k2. Alors
2k+1⩾2k2. Et 2k2−(k+1)2=k2−2k−1=(k−1)2−2⩾32−2>0 pour k⩾4.
Donc 2k+1⩾(k+1)2. Conclusion : vrai pour tout n⩾4.
5. Suites définies par une fonction : bornes et variations
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Exercice 7 — ⭐⭐⭐
Soit f la fonction définie sur ]−3;+∞[ par f(x)=x+34x+2, et (un) définie par u0=1 et
un+1=f(un).
- Vérifie que f(x)=4−x+310, puis montre que f est croissante sur ]−3;+∞[.
- Calcule f(1) et f(2).
- Démontre par récurrence que, pour tout n, 1⩽un⩽un+1⩽2.
- Que peut-on en déduire pour la suite (un) ?
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- 4−x+310=x+34x+12−10=x+34x+2. f′(x)=(x+3)210>0 : f est
strictement croissante sur ]−3;+∞[.
- f(1)=46=1,5 ; f(2)=510=2.
- P(n) : « 1⩽un⩽un+1⩽2 ».
- Initialisation : u0=1, u1=f(1)=1,5 : 1⩽1⩽1,5⩽2.
- Hérédité : si 1⩽uk⩽uk+1⩽2, comme f est croissante sur [1;2],
f(1)⩽f(uk)⩽f(uk+1)⩽f(2), soit 1,5⩽uk+1⩽uk+2⩽2, donc
1⩽uk+1⩽uk+2⩽2.
- Conclusion : vrai pour tout n.
- La suite est croissante et bornée (entre 1 et 2).
Exercice 8 — ⭐⭐⭐
Un lac contient 100 tonnes de poissons. Chaque année, 20% de la masse disparaît (pêche, prédateurs) et
l’alevinage apporte 40 tonnes. On note vn la masse (en tonnes) après n années : v0=100 et
vn+1=0,8vn+40.
- Démontre par récurrence que, pour tout n, 100⩽vn⩽vn+1⩽200.
- Démontre par récurrence que, pour tout n, vn=200−100×0,8n.
- Complète la fonction Python suivante pour qu’elle renvoie la première année où la masse dépasse
190 tonnes, puis donne le résultat.
def annee():
n = 0
v = 100
while ...:
v = ...
n = n + 1
return n
Voir le corrigé
- f(x)=0,8x+40 est croissante ; f(100)=120, f(200)=200.
Initialisation : v0=100, v1=120 : 100⩽100⩽120⩽200. Hérédité : si
100⩽vk⩽vk+1⩽200, alors f(100)⩽vk+1⩽vk+2⩽f(200), soit
120⩽vk+1⩽vk+2⩽200. Conclusion : vrai pour tout n.
- Initialisation : 200−100×1=100=v0. Hérédité : si vk=200−100×0,8k, alors
vk+1=0,8(200−100×0,8k)+40=160−100×0,8k+1+40=200−100×0,8k+1.
- Condition
v <= 190, mise à jour v = 0.8 * v + 40. La fonction renvoie 11 :
v10≈189,3 et v11≈191,4.
def annee():
n = 0
v = 100
while v <= 190:
v = 0.8 * v + 40
n = n + 1
return n
print(annee()) # 11